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1 psychologue spécialisé en Addictions à Porto-Vecchio.
L'addiction, c'est la perte de contrôle face à une substance (alcool, tabac, cannabis, opioïdes, médicaments) ou un comportement (jeux d'argent, jeux vidéo, réseaux sociaux, achats, pornographie). On continue malgré les conséquences évidentes — santé, couple, boulot, finances. Et ce n'est pas une histoire de caractère faible : c'est un dérèglement du circuit dopaminergique de la récompense, documenté par les neurosciences depuis Nora Volkow et George Koob (NIDA, NIAAA).
La CIM-11 et le DSM-5 reconnaissent les addictions aux substances et, depuis 2019, le trouble du jeu vidéo. La HAS publie des recommandations spécifiques par produit (alcool, opioïdes, tabac). En France, l'OFDT estime à 5 millions le nombre d'usagers réguliers d'alcool à risque, et à 1,3 million les fumeurs souhaitant arrêter dans l'année.
L'addiction touche tous les milieux et toutes les classes d'âge — y compris les personnes très intégrées professionnellement. Les signes qui doivent alerter :
Vous n'avez pas à attendre d'avoir « touché le fond ». Plus la prise en charge est précoce, plus elle est rapide. Les CSAPA (Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie) sont gratuits et anonymes — un point d'entrée utile en parallèle d'un suivi psy.
1re étape : un bilan. Le psychologue mesure l'intensité (AUDIT-C pour l'alcool, Fagerström pour le tabac, échelle DSM-5), retrace l'histoire des consommations, repère les tentatives passées et ce qui les a fait échouer. Il évalue aussi les comorbidités très fréquentes : 50 à 60 % des patients addicts ont un trouble anxieux ou dépressif associé, parfois un TSPT sous-jacent.
Ensuite, plusieurs leviers se combinent. L'entretien motivationnel de William Miller et Stephen Rollnick (1983) est la base : pas de sermon, on explore vos propres raisons de changer. La TCC identifie les déclencheurs (lieux, émotions, personnes), désamorce les croyances qui maintiennent (« je ne peux pas dormir sans »), construit des alternatives concrètes. La prévention de rechute de Marlatt anticipe les situations à risque. Le psy travaille en réseau avec un médecin addictologue si une aide médicamenteuse est utile (Champix, naltrexone, baclofène, substituts nicotiniques).
Filtrez sur « Addictions » dans l'annuaire. Vérifiez la formation : DU d'addictologie, formation à l'entretien motivationnel, expérience CSAPA ou ELSA hospitalière. La téléconsultation peut faciliter un premier contact si la démarche en cabinet vous semble difficile. Vous pouvez aussi consulter en CSAPA (gratuit, anonyme) en parallèle ou en alternative — annuaire sur drogues-info-service.fr.
Pas de jugement, pas d'interrogatoire moralisateur. Le psy vous demande de raconter votre rapport à la substance ou au comportement, son histoire, ce qui vous amène aujourd'hui. Il évalue avec des outils validés (AUDIT-C, Fagerström), repère les comorbidités, vérifie qu'il n'y a pas de risque de syndrome de sevrage qui imposerait un avis médical (cas de l'alcool ou des benzodiazépines en consommation chronique). Vous repartez avec un objectif co-construit : réduction, abstinence, ou simple observation pour commencer.
Suivi typique : 6 à 12 mois, séances hebdomadaires les 2-3 premiers mois puis espacement progressif. Pour le tabac, comptez parfois 5 à 10 séances suffisent. Les méta-analyses sur l'entretien motivationnel + TCC montrent une réduction significative des consommations chez 60 à 70 % des patients qui terminent le suivi (Magill et al., Psychological Bulletin, 2018). Une rechute en cours de route n'invalide rien — c'est un évènement à analyser, pas une preuve d'échec. Cette page est informative et ne remplace pas un diagnostic clinique.
En cas de détresse ou de pensées suicidaires : 3114 (24h/24, gratuit, anonyme) ou 15. Drogues Info Service : 0 800 23 13 13. Alcool Info Service : 0 980 980 930. Tabac Info Service : 39 89.