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EMDR : comment ça fonctionne et que peut-on en attendre

EMDR : comment ça fonctionne et que peut-on en attendre

Comprendre l'EMDR : origine (Shapiro), protocole en 8 phases, stimulations bilatérales, niveau de preuve HAS/OMS/INSERM, pour qui c'est indiqué. Guide clinique.

9 min de lecturePublié le

Par la rédaction Mayako

Notre méthodologie éditorialeMis à jour le

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Sommaire · 30 sections

L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing — désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) est l'une des thérapies les plus étudiées pour le traitement du traumatisme psychique. Développée par la psychologue américaine Francine Shapiro en 1987, elle est aujourd'hui recommandée en première ligne par l'OMS (2013), l'INSERM et l'HAS pour le traitement du PTSD.

Derrière un protocole qui peut sembler étrange au premier abord — utiliser des mouvements oculaires pour retraiter des souvenirs — il y a une théorie neuropsychologique cohérente et un niveau de preuve empirique solide. Cet article explique comment fonctionne l'EMDR, son protocole en 8 phases, ses indications, ses limites, et ce qu'il faut vérifier avant de choisir un·e praticien·ne.

Origine et théorie

La découverte Shapiro

En 1987, la psychologue américaine Francine Shapiro se promène dans un parc, préoccupée par des pensées anxieuses. Elle remarque qu'en bougeant rapidement les yeux d'un côté à l'autre en regardant les arbres, ses pensées anxieuses perdent en intensité. L'observation mène à plusieurs années de recherches qui fondent la méthode EMDR.

Loin d'être un "truc" anecdotique, les recherches ultérieures ont validé que les stimulations bilatérales alternées (oculaires, auditives ou tactiles) produisent des effets mesurables sur le retraitement de la mémoire traumatique — même si les mécanismes neurobiologiques précis restent débattus.

Le modèle théorique

Le modèle sous-jacent (Adaptive Information Processing — AIP) postule que :

  • Le cerveau dispose d'un système naturel de retraitement de l'information.
  • Les événements du quotidien sont normalement intégrés : sensations, émotions, cognitions s'agencent, se classent, se relativisent.
  • Les événements traumatiques peuvent "déborder" ce système : le souvenir reste stocké en l'état, avec toute sa charge sensorielle, émotionnelle et cognitive.
  • Ce stockage "figé" explique les reviviscences : à chaque rappel, c'est le souvenir originel qui se réactive, pas une version intégrée.
  • Les stimulations bilatérales faciliteraient l'activation simultanée des deux hémisphères et la reprise du retraitement normal.

Hypothèses neuroscientifiques

Plusieurs hypothèses complémentaires sont étudiées :

  • Rapprochement avec les mouvements oculaires rapides du sommeil paradoxal, période clé du retraitement mnésique.
  • Activation de la mémoire de travail, qui réduit la charge émotionnelle du souvenir (van den Hout 2011).
  • Modification des connexions entre l'amygdale (peur) et l'hippocampe / cortex préfrontal (régulation).
  • Effet d'orientation réflexe vers un stimulus "neutre" qui réduit la réponse de menace.

La recherche se poursuit ; ce qui est clair, c'est que l'efficacité clinique est établie indépendamment de la compréhension complète des mécanismes.

Niveaux de preuve et recommandations institutionnelles

  • OMSGuidelines for the Management of Conditions Specifically Related to Stress, 2013 : EMDR recommandée en première ligne pour le PTSD chez l'adulte et l'enfant.
  • NICE NG116 (Royaume-Uni, 2018) : EMDR recommandation de grade A pour le PTSD chez l'adulte si début > 1 mois après l'événement.
  • HAS (France, 2007 et actualisations) : reconnue parmi les approches validées pour le traitement du PTSD.
  • APA (États-Unis, 2017) : recommandation conditionnelle, niveau de preuve modéré-élevé.
  • VA/DoD (États-Unis, 2023) : recommandée parmi les options de première ligne.
  • ISTSS (International Society for Traumatic Stress Studies, 2018) : recommandée fortement (strong recommendation) pour le PTSD adulte.
  • INSERM (France, 2015, expertise collective psychothérapies) : niveau de preuve établi pour le PTSD.

Méta-analyses de référence : Bisson 2013 Cochrane (efficacité comparable à TCC trauma-focalisée), Lewis 2020 méta-analyse (European Journal of Psychotraumatology) confirmant l'efficacité y compris à long terme.

Le protocole en 8 phases

Shapiro a formalisé un protocole rigoureux en 8 phases. La durée d'une séance est typiquement de 60 à 90 minutes.

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Phase 1 — Histoire et plan de traitement

Plusieurs séances d'évaluation : histoire de vie, traumas identifiés, ressources disponibles, diagnostic différentiel. Le thérapeute identifie les "cibles" qui seront retraitées (souvenirs traumatiques spécifiques) et établit leur ordre de traitement.

Phase 2 — Préparation

Psychoéducation sur l'EMDR, établissement de l'alliance, installation de ressources (lieu sûr imaginaire, figures apaisantes, techniques de régulation). Cette phase peut être rapide pour un PTSD simple, ou très longue (plusieurs mois) pour un CPTSD.

Phase 3 — Évaluation du souvenir cible

Pour la cible choisie, on identifie :

  • L'image la plus saillante du souvenir.
  • La cognition négative associée ("c'est de ma faute", "je ne vaux rien", "je suis en danger").
  • La cognition positive désirée ("ce n'est pas de ma faute", "je peux me faire confiance").
  • Les émotions présentes.
  • L'emplacement corporel de la sensation associée.
  • Le SUD (Subjective Units of Distress) — niveau de détresse de 0 à 10.
  • Le VOC (Validity of Cognition) — crédibilité de la cognition positive de 1 à 7.

Phase 4 — Désensibilisation

Cœur de la méthode. Le patient tient l'image, la cognition négative et l'émotion en tête pendant que le thérapeute effectue des stimulations bilatérales alternées (typiquement 20 à 30 secondes) : mouvements oculaires (suivi des doigts ou d'une barre lumineuse), tapotements alternés sur les genoux, ou sons alternés dans les oreilles via casque audio.

Entre chaque série de stimulations, le thérapeute demande "qu'est-ce qui vient ?". Le patient rapporte pensées, émotions, images, sensations qui émergent. Le thérapeute adapte les stimulations suivantes selon ce qui vient. Le processus se poursuit jusqu'à ce que le SUD descende vers 0 ou 1.

Phase 5 — Installation

Une fois la cible désensibilisée, on "installe" la cognition positive choisie par des stimulations bilatérales, jusqu'à un VOC de 6 ou 7.

Phase 6 — Scan corporel

Le patient scanne son corps pour repérer d'éventuelles tensions résiduelles liées au souvenir, retraitées par des stimulations supplémentaires.

Phase 7 — Clôture

Retour à un état émotionnel stabilisé avant la fin de séance (utilisation du lieu sûr, cohérence cardiaque, ressources). Jamais de séance qui se termine sur une détresse active.

Phase 8 — Réévaluation

Séance suivante : on vérifie la tenue du travail. Le souvenir reste-t-il intégré ? Y a-t-il des éléments qui émergent entre les séances ? Poursuite sur la cible suivante.

À quoi ressemble une séance, vue patient

  • Accueil et check-in (5-10 min) — comment s'est passée la semaine, événements marquants, état du sommeil et de l'humeur.
  • Recentrage sur la cible choisie en concertation, vérification du consentement à travailler sur cette cible aujourd'hui.
  • Installation des stimulations — barre lumineuse, doigts, tappers, casque audio. Vous décidez du modal qui vous convient.
  • Sets de 30 à 60 secondes, suivis d'un retour bref ("qu'est-ce qui vient ?"). Pas de récit détaillé exigé. Vous pouvez signaler à tout moment l'envie de pause.
  • Le thérapeute orchestre — il ajuste les sets selon ce qui émerge, propose des "interweaves" (questions ciblées) si vous bloquez.
  • Clôture — retour au calme, lieu sûr, vérification que vous repartez stabilisé·e. Une séance ne se termine jamais sur une détresse active.

Après la séance : ce qui peut arriver

Les 24 à 72 heures qui suivent une séance EMDR active peuvent comporter des effets attendus, qu'il est utile de connaître :

  • Rêves intenses ou plus nombreux, parfois liés au matériel travaillé.
  • Fatigue marquée, besoin de sommeil supplémentaire.
  • Émergences spontanées d'images, émotions, sensations entre les séances — c'est le retraitement qui continue.
  • Variations émotionnelles : tristesse, colère, soulagement parfois inattendu.

Recommandations d'auto-soin : hydratation, sommeil, activité physique douce, éviter les décisions importantes dans les 48 h, journal de bord léger pour partager les émergences à la séance suivante. Rester en contact avec le thérapeute en cas de détresse persistante au-delà de 72 h.

Indications et niveaux de preuve

Indications principales

  • PTSD simple (un événement, adulte) — niveau de preuve très élevé. 60-85 % de rémission.
  • Traumas multiples documentés — efficacité bonne, protocole parfois adapté.
  • Deuil traumatique.
  • Phobies liées à un événement traumatique.
  • Troubles anxieux avec origine traumatique identifiable.
  • CPTSD — indication établie mais durée plus longue, protocole adapté (phase de stabilisation prolongée).

Indications plus débattues

  • Dépression — preuves modestes.
  • Troubles de personnalité — approches intégratives, pas EMDR seul.
  • Addictions — adjuvant, pas central.
  • Performance (anxiété de performance, sport) — pratiqué mais peu étudié scientifiquement.

Le cas des enfants

L'EMDR est également pratiquée chez l'enfant avec des adaptations (durées de séance plus courtes, stimulations adaptées, inclusion parentale). Efficacité démontrée dans plusieurs études contrôlées (Rodenburg 2009 méta-analyse) — constitue une alternative ou un complément à la TF-CBT pédiatrique.

EMDR et dissociation : pourquoi la stabilisation est non négociable

Pour les personnes présentant une dissociation marquée (sous-type dissociatif du PTSD, CPTSD, trouble dissociatif), la phase 2 de stabilisation est longue et obligatoire avant tout travail de désensibilisation. Engager le retraitement trop tôt peut déclencher une décompensation dissociative ou retraumatiser.

Protocoles spécifiques de référence :

  • KnipeEMDR Toolbox, méthodes pour les états dissociatifs (CIPOS, "back of the head scale").
  • Kiessling — protocole "Resource Development and Installation" (RDI) prolongé.
  • Gonzalez & Mosquera — EMDR adapté aux troubles dissociatifs, intégration avec la théorie structurelle de van der Hart.

Un·e thérapeute EMDR formé·e à la dissociation évalue systématiquement la dimension dissociative (DES-II, MID) avant tout retraitement.

💡 Point d'étape — Pour clarifier votre intuition, questionnaire rapide. Résultat à considérer comme une orientation, jamais comme un diagnostic médical.

Limites et contre-indications

Ce que l'EMDR ne fait pas

L'EMDR n'efface pas le souvenir — il en modifie la charge émotionnelle et cognitive. Le patient se souviendra toujours de l'événement, mais sans la détresse qui l'accompagnait. Certaines personnes expriment de la déception à ce sujet ("je voulais oublier"), ce qui est important à clarifier en amont.

Contre-indications / prudence

  • Trouble psychotique décompensé — EMDR contre-indiqué.
  • Grossesse avancée — prudence, discussion cas par cas avec le thérapeute et le médecin.
  • Trouble dissociatif sévère non stabilisé — phase de stabilisation longue préalable obligatoire.
  • Trauma très récent (moins de 3 semaines) — préférer parfois protocoles d'urgence (R-TEP, EMDR-RECENT) délivrés par des praticiens formés à ces déclinaisons.
  • Instabilité médicale aiguë (cardiopathie non stabilisée, par exemple).
  • Idéation suicidaire active — stabilisation et sécurisation prioritaires.

Vignette composite — Hugo, 32 ans

Hugo est employé de banque ; il a vécu un braquage il y a 4 mois. Depuis, sursauts à chaque entrée brutale dans le lieu de travail, cauchemars, évitement du lieu, pensées intrusives. Score PCL-5 à 48. Sa médecin l'oriente vers une psychologue accréditée EMDR Europe.

Phases 1-2 sur 2 séances (histoire, lieu sûr, ressources). Phase 3-7 sur 4 séances ciblant la mémoire centrale du braquage. Réévaluation à la 7e séance : SUD passé de 9 à 1, VOC à 7, PCL-5 à 12. Reprise progressive du poste avec aménagement initial, suivi consolidé sur 2 séances supplémentaires.

Choisir un·e praticien·ne EMDR

La qualité de la formation du thérapeute est déterminante. Critères à vérifier :

  • Titre protégé préalable : psychologue clinicien (n° ADELI / RPPS), psychothérapeute, psychiatre, parfois médecin. Un "coach EMDR" sans titre n'a aucun cadre réglementaire.
  • Formation EMDR Europe accréditée : la formation initiale dure environ 8 jours + supervisions. Trois niveaux : Praticien, Practitioner, Consultant. L'accréditation EMDR Europe est le standard de référence en France.
  • Supervision régulière par un Consultant ou senior du réseau.
  • Expérience sur le type de trauma concerné (adulte simple, CPTSD, enfant, dissociation, deuil traumatique).
  • Respect du cadre éthique, capacité à co-construire un plan avec phase de stabilisation explicite avant tout retraitement.

L'annuaire EMDR France permet de chercher des praticien·ne·s par département et par niveau d'accréditation.

Coût et remboursement en France

  • Tarif libéral : 60 à 90 € la séance de 60-90 min selon ville et expérience du praticien.
  • Mon Soutien Psy : 12 séances/an remboursées chez un psychologue conventionné (dispositif national, orientation par médecin traitant). Tous les psychologues EMDR ne sont pas conventionnés Mon Soutien Psy.
  • Mutuelles : nombreuses prennent en charge tout ou partie du tarif libéral, sur facture. Vérifier votre contrat ("psychothérapie", "psychologue").
  • CMP (Centres médico-psychologiques) : suivis gratuits, mais EMDR pas systématiquement disponible — variable selon les équipes.
  • Centres régionaux du psychotraumatisme (CRP) : suivis multidisciplinaires gratuits, EMDR fréquemment proposée.
  • ALD 30 : si retentissement majeur, prise en charge à 100 % du parcours de soins lié — la psychothérapie en libéral n'est pas couverte par l'ALD elle-même mais par Mon Soutien Psy / mutuelle.

Numéros et ressources

  • 3114 — Prévention du suicide, 24/7.
  • 15 — SAMU.
  • 3919 — Violences faites aux femmes.
  • 119 — Allô Enfance en danger.
  • 116 006 — France Victimes.
  • EMDR France — annuaire des praticiens accrédités.

Sources cliniques publiques

  • Shapiro F., Eye Movement Desensitization and Reprocessing, 3rd ed., Guilford 2018.
  • OMS, Guidelines for the Management of Conditions Specifically Related to Stress, 2013.
  • NICE, Post-traumatic stress disorder NG116, 2018.
  • HAS, Recommandations état de stress post-traumatique, 2007 et actualisations.
  • APA, Clinical Practice Guideline for the Treatment of PTSD, 2017.
  • VA/DoD, Clinical Practice Guideline for the Management of PTSD, 2023.
  • ISTSS, PTSD Prevention and Treatment Guidelines, 2018.
  • INSERM, expertise Évaluation de l'efficacité de la pratique de la psychothérapie, 2015.
  • Bisson J. et al., "Psychological therapies for chronic post-traumatic stress disorder", Cochrane, 2013.
  • Lewis C. et al., "Psychological therapies for PTSD in adults", Eur J Psychotraumatol, 2020.
  • van den Hout M., Engelhard I., "How does EMDR work?", Journal of Experimental Psychopathology, 2011.
  • Rodenburg R. et al., "Efficacy of EMDR in children: a meta-analysis", Clinical Psychology Review, 2009.
  • Knipe J., EMDR Toolbox, Springer 2014.
  • Gonzalez A., Mosquera D., EMDR and Dissociation: The Progressive Approach, AI 2012.
  • van der Kolk B., The Body Keeps the Score, Viking 2014.

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Disclaimer

Cet article est rédigé à partir de sources cliniques publiques. Il a une vocation informative et ne remplace pas l'évaluation et le suivi par un·e psychologue, psychothérapeute ou psychiatre formé·e. L'EMDR ne se pratique pas en autonomie. En cas de crise : 3114, 15, 3919, 119.

À retenir : l'EMDR est une thérapie validée par les principales recommandations internationales (OMS 2013, NICE 2018, HAS, ISTSS), structurée en 8 phases, avec un niveau de preuve élevé pour le PTSD simple. Compter 6 à 15 séances pour un trauma simple, davantage pour un CPTSD. Vérifier la formation EMDR Europe accréditée du praticien est essentiel. Ce n'est pas une thérapie miracle mais c'est l'un des outils les mieux validés du champ trauma.

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Si vous envisagez un travail EMDR, vous faites partie des personnes mieux informées que la moyenne — la plupart des patients potentiels savent à peine ce qu'est cette méthode au moment de leur première séance. Cette information fait la différence : vous saurez ce qui est normal (émergence de souvenirs, fatigue post-séance, émotions inattendues entre les séances), ce qui ne l'est pas (aggravation durable, dissociation nouvelle), et vous saurez poser les bonnes questions à votre thérapeute.

Trois pas concrets. Un : vérifiez la formation du praticien avant la première séance. L'accréditation EMDR Europe est publique et consultable sur le site national. Demandez directement : "êtes-vous praticien EMDR Europe accrédité ? Depuis combien d'années pratiquez-vous l'EMDR ?". Deux : lors du premier rendez-vous, exposez clairement ce qui vous amène, posez vos questions sur le protocole, et observez votre sentiment de sécurité. Un·e bon·ne thérapeute EMDR prend le temps de la préparation — il/elle ne vous fait pas faire des mouvements oculaires sur un trauma à la première séance. Trois : utilisez notre annuaire pour filtrer par spécialité "EMDR" et par ville.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation clinique. En cas d'urgence psychique ou d'idées suicidaires : 3114 (24h/24, gratuit). Pour les victimes de violences conjugales : 3919. Pour les violences sexuelles : 0 800 05 95 95. L'EMDR n'est pas une "solution" universelle, mais pour un PTSD bien indiqué, c'est aujourd'hui l'un des chemins les plus directs vers une stabilisation durable.

Questions fréquentes sur Traumatisme et PTSD

L'EMDR, c'est de l'hypnose ?

Non. Pendant les stimulations bilatérales, le patient reste pleinement conscient, dialogue avec le thérapeute, garde son libre arbitre. Aucune induction hypnotique n'est pratiquée. Certaines sensations de flottement peuvent survenir mais elles sont liées au retraitement lui-même, pas à un état hypnotique.

Combien de séances pour un PTSD simple ?

En moyenne 4 à 15 séances pour un trauma simple bien circonscrit (un événement, chez un adulte, sans comorbidité majeure). Certains patients remarquent des changements dès la 2e-3e séance, d'autres à partir de la 8e. Pour un CPTSD ou des traumas multiples, la durée totale peut atteindre plusieurs années, avec une phase de stabilisation initiale conséquente.

Est-ce que ça peut faire revenir des souvenirs oubliés ?

Parfois, oui. Pendant le retraitement, des souvenirs ou des fragments peuvent émerger — ils ne sont pas « créés » par la méthode mais accessibles quand le blocage se lève. Un·e thérapeute formé·e sait gérer ce type d'émergence. C'est pour cela qu'on ne pratique pas l'EMDR sans cadre clinique sérieux.

Ça fonctionne vraiment ou c'est du marketing ?

L'efficacité de l'EMDR pour le PTSD est validée par les plus grands organismes internationaux (OMS, INSERM, HAS, APA, NICE). Les méta-analyses récentes la placent au niveau de la TF-CBT et de l'exposition prolongée, parmi les thérapies les mieux validées. Cela ne signifie pas qu'elle convient à tout le monde ni qu'elle est miraculeuse, mais le niveau de preuve est solide.

Est-ce que je peux faire de l'EMDR à distance (visio) ?

Oui, des protocoles adaptés existent pour l'EMDR en téléconsultation (stimulations oculaires ou auditives via écran / casque, ou tapping auto-administré avec guidance). Les données disponibles suggèrent une efficacité proche du présentiel, mais le présentiel reste préféré pour les premiers cas complexes ou les CPTSD.
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