La Rejection Sensitive Dysphoria (RSD) — littéralement « dysphorie de sensibilité au rejet » — désigne une réaction émotionnelle disproportionnée et douloureuse à la perception (réelle ou imaginée) d'être rejeté, critiqué ou jugé. Décrite par le psychiatre américain William Dodson chez les adultes TDAH, la RSD n'est pas un diagnostic du DSM-5-TR, mais c'est un concept clinique utile qui recoupe la dysrégulation émotionnelle TDAH désormais bien documentée (Shaw et al., 2014). Ce satellite explique son mécanisme, le distingue du borderline et de la phobie sociale, et détaille les pistes de gestion.
En bref
- RSD = montée émotionnelle intense, brève, déclenchée par la perception d'un rejet ou d'une critique. Décrite par William Dodson chez les adultes TDAH.
- Elle s'inscrit dans le cadre plus large de la dysrégulation émotionnelle du TDAH (Shaw et al., 2014, Am J Psychiatry).
- Pas un diagnostic DSM-5-TR, mais un descripteur clinique utile pour les patients et les cliniciens.
- Mécanismes neurobiologiques probables : circuits dopaminergiques de la récompense et boucles fronto-limbiques de régulation émotionnelle.
- Gestion : TCC adaptée, médication TDAH (souvent atténue la RSD), psychoéducation, thérapies focalisées sur la régulation émotionnelle.
- Différentiel à connaître : trouble de personnalité borderline, phobie sociale, dépression atypique.
RSD : un concept clinique, pas un diagnostic
Origine et définition de Dodson
Le terme « Rejection Sensitive Dysphoria » a été popularisé par William Dodson, psychiatre américain spécialisé dans le TDAH adulte. Dodson décrit la RSD comme une « douleur émotionnelle extrême déclenchée par la perception — réelle ou non — d'avoir été rejeté, critiqué, ou de ne pas être à la hauteur ». L'intensité est typiquement décrite comme physique, écrasante, bien au-delà de la simple gêne.
Important : la RSD ne figure pas dans le DSM-5-TR (APA, 2022) ni dans la CIM-11 (OMS, 2019). Ce n'est pas un diagnostic officiel. C'est un construct clinique utile — beaucoup d'adultes TDAH se reconnaissent immédiatement dans cette description, ce qui en fait un levier de psychoéducation puissant. Mais l'absence de validation par méta-analyse formelle invite à la prudence : il faut le situer dans le cadre plus solide de la dysrégulation émotionnelle du TDAH.
Le cadre solide : dysrégulation émotionnelle TDAH
L'équipe de Philip Shaw au NIMH a publié en 2014 dans l'American Journal of Psychiatry une synthèse documentant la dysrégulation émotionnelle comme dimension transversale du TDAH adulte (Shaw et al., 2014). Caractéristiques :
