Quand le burn-out devient incompatible avec la poursuite du travail, l'arrêt n'est pas un choix personnel : c'est une décision médicale. Elle ouvre un parcours administratif et clinique qui peut sembler opaque — motifs codifiés, indemnités, visites obligatoires, reconnaissance éventuelle en maladie professionnelle. Beaucoup de personnes retardent la consultation faute de comprendre ce qui les attend.
Cet article détaille les étapes réglementaires françaises en 2026 : consultation initiale, durée d'arrêt recommandée par la HAS, indemnisation Sécurité sociale et prévoyance, visite de pré-reprise, mi-temps thérapeutique, inaptitude, et procédure de reconnaissance en maladie professionnelle via le tableau 42 ou le CRRMP. L'objectif est informatif : les décisions se prennent avec un médecin et, pour les questions juridiques complexes, un avocat ou le défenseur des droits.
Étape 1 — La consultation initiale
L'arrêt démarre par une consultation, le plus souvent avec le médecin traitant. Il n'est pas toujours nécessaire de « préparer » cette consultation : décrire simplement les symptômes (fatigue qui ne cède plus, troubles du sommeil, somatisations, sentiment d'impuissance, pleurs, rumination, idées de fuite) suffit à ouvrir l'évaluation. Le médecin peut orienter vers un psychiatre, un psychologue du travail, ou prescrire directement un arrêt.
Le motif est habituellement codé Z73.0 selon la CIM-10 (« surmenage »/« syndrome d'épuisement professionnel »). La CIM-11 (OMS 2019) introduit le code QD85 spécifique au burn-out comme « phénomène lié au travail » ; son usage se déploie progressivement dans les systèmes d'information français. Dans tous les cas, le motif précis reste confidentiel vis-à-vis de l'employeur — seule la durée de l'arrêt est communiquée via le volet 3 du Cerfa.
Point clé. Médecin traitant et médecin du travail ont des rôles distincts. Le premier prescrit l'arrêt et suit la maladie. Le second évalue l'aptitude au poste et propose des aménagements. Les deux sont indispensables et ne se substituent pas.
Étape 2 — Durée d'arrêt recommandée
La HAS (2017, Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d'épuisement professionnel) recommande une durée initiale de 2 à 8 semaines, ajustable selon la sévérité de l'épuisement, les comorbidités (notamment dépressives) et la qualité de la prise en charge. La durée totale, prolongations comprises, dépasse fréquemment 3 à 6 mois dans les formes installées, et peut s'étendre plus longtemps lorsque le contexte professionnel n'est pas modifiable.
L'arrêt n'est jamais un objectif : c'est un moyen de permettre la récupération et l'engagement d'une psychothérapie. Il se discute et se réévalue à chaque consultation.
Étape 3 — Indemnisation pendant l'arrêt
Indemnités journalières Sécurité sociale
Les IJ Sécu sont versées après un délai de carence de 3 jours (pris en charge par certaines conventions collectives). Leur montant est d'environ 50 % du salaire journalier de base, plafonné. Durée maximale de versement en maladie non professionnelle : 360 jours sur 3 ans glissants, ou jusqu'à 3 ans en ALD (affection de longue durée), selon la situation.
Cet article a une vocation informative : il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si vous traversez une période d'épuisement professionnel, une consultation avec votre médecin traitant et un psychologue formé au burn-out permet d'obtenir un avis personnalisé et un accompagnement adapté.
Pour trouver un psychologue spécialisé, consultez notre annuaire psychologues burn-out, filtrable par ville et approche thérapeutique (TCC, ACT, MBSR, thérapie brève). En cas de pensées suicidaires, contactez le 3114 (ligne nationale prévention suicide, 24/7, gratuit et confidentiel).
