Pour signaler un harcèlement scolaire, deux portes s'ouvrent en parallèle : l'établissement de votre enfant, via les référents du programme pHARe, et le 3018, le numéro national gratuit et anonyme. Vous pouvez contacter les deux le jour même. Ce guide décrit le parcours étape par étape, de la première alerte jusqu'aux recours si l'école ne réagit pas. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'école : il vous aide à agir dans le bon ordre.
À qui signaler, et dans quel ordre
Il n'y a pas une seule bonne porte d'entrée, mais un réflexe utile : prévenir l'établissement par écrit et, si vous voulez être conseillé ou si la situation touche au numérique, appeler le 3018. En cas de danger, les numéros d'urgence passent avant tout le reste.
Signaler tôt compte : plus les faits durent, plus ils s'installent et pèsent sur votre enfant. Vous n'avez pas besoin d'être certain qu'il s'agit « vraiment » de harcèlement pour alerter. Votre rôle n'est pas de mener l'enquête ni de qualifier juridiquement la situation, mais de transmettre ce que vous observez aux personnes dont c'est la mission. Chaque interlocuteur ci-dessous a un rôle distinct, et vous pouvez en mobiliser plusieurs en même temps.
| Interlocuteur | Rôle | Quand le contacter |
|---|---|---|
| Professeur principal / CPE / direction | Première alerte dans l'établissement | Dès les premiers faits |
| Référents et ambassadeurs pHARe | Déclenchent le protocole de l'école | En parallèle de l'alerte |
| 3018 | Écoute, conseils, aide (dont cyberharcèlement) | À tout moment, 7j/7 |
| DSDEN puis rectorat | Recours si l'école ne réagit pas | Après un signalement resté sans suite |
| 119, 17/112 | Danger, violences graves | En urgence |
Étape 1 : alerter l'établissement par écrit
Commencez par le plus simple : demandez un rendez-vous au professeur principal, au CPE ou à la direction. L'oral ouvre le dialogue, mais doublez-le toujours d'un écrit (courriel ou courrier). L'écrit date votre démarche et engage l'établissement.
Dans ce message, restez factuel : qui, quoi, quand, où, combien de fois. Décrivez les faits et leur répétition plutôt que vos impressions, et demandez explicitement que le protocole pHARe soit enclenché. Conservez une copie de tout ce que vous envoyez et recevez.
Un signalement utile tient en quelques éléments clairs :
- Les faits, décrits simplement et de façon concrète (paroles, gestes, exclusions, messages).
- Les dates et les lieux, même approximatifs, pour montrer la répétition.
- Les personnes présentes ou impliquées, si votre enfant les a nommées.
- Les conséquences observées : refus d'aller en cours, sommeil, affaires abîmées.
- Votre demande : l'activation du protocole pHARe et un retour sur les mesures prises.
Étape 2 : le programme pHARe, comment ça marche
pHARe est le programme national de lutte contre le harcèlement, généralisé dans les écoles et les collèges. Concrètement, chaque établissement dispose de référents harcèlement, d'élèves ambassadeurs formés et d'un protocole de prise en charge des situations signalées.
Une fois saisie, l'équipe suit en général plusieurs temps : recueillir la parole de votre enfant, écouter séparément les autres élèves concernés, poser un cadre clair pour faire cesser les faits, puis assurer un suivi dans la durée. Les élèves ambassadeurs, eux, jouent un rôle de vigilance et de climat : ils ne mènent pas l'enquête, mais contribuent à repérer et désamorcer les situations entre pairs.
Vous pouvez demander à savoir qui est le référent de l'établissement, quelles mesures sont prévues et sous quel délai vous aurez un retour. Le but du protocole est de faire cesser les faits, pas de « classer l'affaire ». Si on vous propose une simple « discussion entre les enfants » pour solder la situation, rappelez que le harcèlement n'est pas un conflit entre égaux : une médiation seule n'est pas une réponse adaptée.
Étape 3 : le 3018, votre allié à tout moment
Le 3018 est le numéro national contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement. Il est gratuit, anonyme et confidentiel, joignable 7j/7 d'environ 9h à 23h, et existe aussi sous forme d'application 3018.
Au bout du fil, des professionnels vous écoutent, vous conseillent sur les démarches et peuvent aider à faire retirer des contenus en ligne (photos, vidéos, comptes de harcèlement) en lien avec les plateformes. Vous pouvez appeler que vous soyez parent ou que votre enfant veuille parler lui-même ; l'application 3018 permet aussi de transmettre des captures d'écran et d'être accompagné pas à pas.
C'est souvent le meilleur premier réflexe quand vous ne savez pas par où commencer : le 3018 vous aide à ordonner les démarches (quoi dire à l'école, quoi conserver, quand envisager une plainte) sans que vous ayez à tout décider seul.
Étape 4 : si l'école ne réagit pas, les recours
Si, après un signalement écrit, rien ne bouge, vous n'êtes pas au bout du chemin. Le recours suit la voie hiérarchique :
- La DSDEN (direction des services départementaux de l'Éducation nationale), par un courrier adressé à l'inspecteur d'académie.
- Le rectorat de votre académie, si la DSDEN ne répond pas.
En cas de violences graves ou de menaces, un dépôt de plainte au commissariat ou à la gendarmerie est possible, indépendamment de l'école. Pour les contenus illicites diffusés en ligne, la plateforme nationale de signalement permet aussi de les faire remonter aux autorités. Gardez à l'esprit que ces recours ne sont pas une escalade « contre » l'établissement : ils existent pour protéger votre enfant quand la première réponse n'a pas suffi.
Les numéros à garder sous la main
- 3018 : harcèlement scolaire et cyberharcèlement (gratuit, anonyme, 7j/7).
- 119 : enfance en danger, 24h/24, gratuit.
- 3114 : prévention du suicide, si votre enfant exprime une détresse profonde ou des idées noires.
- 17 ou 112 : danger immédiat, violences graves.
Un mini-cas concret
Récit anonymisé, ne décrit aucun enfant en particulier. Les parents d'un collégien remarquent qu'il « perd » ses affaires chaque semaine et refuse d'aller en cours. Ils envoient un courriel factuel au CPE, listant les dates, et demandent l'activation du protocole pHARe. En parallèle, ils appellent le 3018, qui les aide à faire retirer un groupe de messagerie où circulaient des moqueries. L'établissement reçoit l'enfant, identifie le référent, et un suivi est mis en place. Le signalement écrit, daté, a servi de point d'appui à chaque étape.
Signaler n'est jamais « faire des histoires » : c'est protéger votre enfant. Parallèlement aux démarches, vous pouvez faire le point avec notre questionnaire (repérage, pas diagnostic) et envisager un soutien avec des psychologues pour enfants et adolescents.
Harcèlement scolaire : le guide complet pour les parents
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