Votre enfant peine à déchiffrer les mots là où ses camarades progressent, inverse les lettres bien au-delà du CP, écrit lentement et illisiblement, ou ne parvient pas à retenir les tables malgré des heures de révision. Peut-être vous reconnaissez-vous aussi, adulte, dans une lecture laborieuse ou une orthographe qui vous met en difficulté au travail. Ces situations pointent souvent vers un trouble Dys : un trouble neurodéveloppemental spécifique des apprentissages.
Selon l'Expertise Collective INSERM de 2007, les troubles spécifiques des apprentissages toucheraient plusieurs pourcents des enfants scolarisés en France, avec une prévalence de la dyslexie estimée entre 3 et 5 % environ. Autant dire qu'il y a, dans chaque classe, au moins un enfant concerné. Ces enfants ne sont ni paresseux, ni moins intelligents : leur cerveau traite simplement certaines informations différemment.
Ce guide en 11 sections couvre les troubles Dys, leur repérage par âge, le parcours diagnostique, le bilan neuropsychologique, les prises en charge efficaces, les dispositifs scolaires PAP et PPS, et ce que deviennent les personnes Dys à l'âge adulte.
1. Que sont les troubles Dys ?
Les troubles Dys forment un ensemble de troubles neurodéveloppementaux qui affectent spécifiquement un ou plusieurs apprentissages : la lecture, l'écriture, l'orthographe, le calcul, la coordination ou le langage oral. Le terme regroupe ce que l'on appelle en France, dans le champ juridique et scolaire, les Troubles Spécifiques des Apprentissages (TSA au sens de la loi n°2005-102 du 11 février 2005). Attention à l'homonymie : ces TSA ne sont pas les Troubles du Spectre Autistique, qui portent le même sigle dans un autre contexte.
Sur le plan clinique international, la référence est double. Le DSM-5-TR (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, texte révisé, APA, 2022) classe ces troubles dans les « troubles neurodéveloppementaux », avec deux grandes catégories : le trouble spécifique des apprentissages (avec spécificateurs lecture, expression écrite, mathématiques) et le trouble développemental de la coordination (TDC, qui correspond à la dyspraxie). La CIM-11 (OMS, 2022) propose une classification proche.
Un point conceptuel essentiel : trouble spécifique n'est pas synonyme de retard. Un retard d'apprentissage peut se rattraper spontanément ou avec un peu d'accompagnement. Un trouble Dys, en revanche, est durable, résistant, et ne s'explique ni par un déficit intellectuel global, ni par un défaut d'exposition à l'école, ni par un trouble sensoriel non corrigé (comme une vue mal appareillée). Le diagnostic exige donc de vérifier qu'un écart marqué et persistant existe entre l'apprentissage concerné et le fonctionnement cognitif global de l'enfant. C'est notamment ce que rappelle la Haute Autorité de Santé dans son travail « Comment améliorer le parcours de santé d'un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages » (HAS, décembre 2017, publication 2018).







